Lundi 1 octobre 2007
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C’est bien, vous avez tous patiemment attendu la suite et la fin de mon récit sans que je n’aie reçu d’emails d’insultes.
Laisse-moi donc vous comptez la suite, alors...
Tant de questions…
Voyant que l’homme se rapprochait dangereusement, je décidai de passer au rythme de déplacement qui vous caractérise tous sales mécréants : la marche.
Je serrai mes petits poings osseux, puis je réfléchis à la façon la plus primaire pour l’abattre de mes mains nues au cas où l’affrontement serait inévitable - je savais que j’en
avais « trop vu », et qu’il ne me laisserait pas filer de la sorte.
Le combat d’homme à homme s’avérait l’unique issue de cette rencontre fortuite.
Au fur et à mesure que je m’approchai, j’entendis enfin ce que le bougre grognai : « Pô pô lô, pô pô lô… » Avec un accent Beauceron aussi fort que celui d’Arielle D.
Pô pô lô ?
S’agissait-il d’un de ces tueurs en série venu d’une terre étrangère et qui arpentent nos campagnes tôt le matin ?
S’agissait-il d’une incantation magique pour me transformer en une Arielle supportable?
« Mais non ! » pensais-je en me tapant le poing droit dans la paume gauche tel un Archimède moderne.
Mes cours de Beauceron, que j’avais suivi en Terminale (oui, on avait Beauceron comme option, en plus de maquillage of course), revinrent à ma mémoire.
«Pô pô lô = pas par là » me dis-je.
Pas par là ? Mais pourquoi ?
Voyant que ses borborygmes ne semblèrent pas avoir plus d’effets que la lecture de "Oui-Oui rentre au CM1" sur Arielle Dombasle, il se mit à faire des mouvements avec ses bras musculeux.
Bon, seul 2% de mon lectorat a des bras musculeux, donc les autres, vous ne pouvez pas bien comprendre, mais en gros, c’est un type avec deux bras comme ceux d’Arielle
Dombasle de Michel Sardou d’Erik Pourpon
Aaaah, la lutte s’annonçait sans merci, car l’homme connaissait lui aussi véritablement les arts martiaux de l’empire de l’Orient de Beauce.
Oui, j’allais mourir dans la bataille, héro parmi les héros de la Beauce profonde. On parlerait longtemps de moi dans les sillons. On viendrait sacrifier une douzaine de chats tous les 12 du mois.
Les joueurs de Jokari du monde entier pleureraient sur ma tombe. Des femmes nues viendraient jeter leur corps inconsolable au pied de ma statue. On me construirait une stèle faite de boue et
de paille aussi grande que la Tour Eiffel de Las Vegas. On lirait ma dernière lettre aux enfants lors du premier jour de leur rentrée scolaire. On viendrait déposer sur ma tombe des branches
d’araucaria. On s’arracherait mes slips en laine et mes sous-pulls en cuir.
Ah, oui, je serais un hérooooo.
Un dernier pô pô lô m’arracha à ma rêverie.
La rencontre s’annonçant imminente et inéluctable, je lançai un désespéré « B’jour m’sieur, cavatidonc c’matin ? » en espérant qu’il n’en profite pas pour me faire le fameux coup du
sanglier nain (il faudra que je vous explique un jour).
Promis.
« B’jour mon p’tit gô » répondit-il avec une voix si douce que je pensai un instant avoir à faire à un infirmier du Centre.
« Y faudré-t’y pô qu’tu pôsses-t’y pô lô, y’a ti un arb’ qui vô s’casser la bérouette, c’ty dang’reux c’te histouère, non mais… J’m’en va lui couper en p’tits bouts, y’a t’y tro d’gens qui
pôssent’y par ici » ajouta-t-il.
Sa réponse me fit le même effet qu’une analyse politique par feu Michel Sardou, et je laissai couler mon urine le long de mes mollets musculeux.
Le monsieur voulait me sauver la vie ?
Que j’étais bête alors (retapage du poing droit dans la paume gauche).
Je fis donc le détour recommandé, non sans avoir jeté un rapide coup d’œil dans le coffre de sa voiture (j'y vu des bidons d’essences et trois tronçonneuses de diverses tailles.)
400 mètres plus loin, je m’écroulai en tremblant, en pensant que ce bûcheron aurait pu tout de même me débiter en morceau avant de me brûler.
Mais tout cela est une autre histoire…N’est-ce pas Maréchal ?
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Jeudi 27 septembre 2007
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Assis au pied d’un hêtre de l’année, me balançant d’avant en arrière avec ma voix de rogomme, je récupère lentement du choc émotionnel que je viens de subir.
Subir un choc émotionnel en Beauce n’est pas, vous l’avouerez, chose commune.
Quoi que…
S’agissait-il d’une over-oxygènation de la partie antérieure de mon occiput (la partie molle et rose du fond), cela sera à vous de le déterminer.
Jugez-en un peu :
Ainsi, la matinée avait bien commencé. Dehors il faisait beau, les oiseaux gazouillaient d’un optimisme propre aux oiseaux, je laçais mes chaussures de course comme j’ai l’habitude
de le faire chaque jour, lorsque soudainement…
Et là vous n’en pouvez plus tellement, j’ai bien amené mon récit…
Or, en fait, il ne se passa rien, mais absolument rien de rien de rien à ce moment-là. Vous auriez dû vous en douter avec la première phrase qui débutait avec un poncif : «
Dehors il faisait beau, les oiseaux gazouillaient (…) »
J’aurais très bien pu écrire lorsque soudainement : « Les petits œufs de cailles sur lesquelles j’étais assis depuis maintenant 21 jours venaient enfin d’éclore laissant
apparaître une demi-douzaine de petite R16 au luisant pelage mauve », ou mieux encore, « une armée d’Amazone diabétique vêtues de burqua en cuir apparurent en criant Vive la Beauce
Indépendante ! »
Rassurez-vous, rien de tout cela. Je sais, je sais, certains d’entre vous allez être immensément déçus…
Digression…
Donc ce matin à l’heure où 99% de la France travaille plus pour gagner plus moins, je décidai d’aller entretenir mon corps d’athlètes dans ma forêt préférée près
du village-dont-je-dois-taire-le-nom.
Les cheveux au vent La boule au vent Le crâne à l’air, laissant filer le vent frais sur mes joues mal rasées, je traversai le village sous les
vivats des fermières aux seins nus en délire, et rentrai à vive allure dans le bois de chênes centenaires. Étant déjà moult fois passé par ce chemin, je laissai mon esprit divagué me concentrant
sur mon agile foulée et sur la recette des oeufs brouillés sur laquelle je travaillais depuis maintenant six semaines.
Ce n’était pas sans compter sur l’apparition d’un homme au « comportement louche et à la mine patibulaire ».
STOP !
Oui, je vous vois venir…Que veut-il dire avec son : « un homme au comportement louche et à la mine patibulaire » ?
Mais c’est simple, un type « chauve, au sourire charmeur, vêtu d’un sous-pull en cuir, et sans aucun doute d’un slip de laine. »
Je continue…
« Que cela est drôle » pensai-je aussitôt. « Que fait cet homme au comportement louche et à la mine patibulaire, j’insiste hein ?, avec sa
voiture au milieu des bois. »
Lorsqu’il découvrit que je m’approchai aussi rapidement que l’éclair. Il se mit en travers du chemin de terre, me barrant de ce fait la route, tout en gesticulant comme un malade.
(Croyez-moi, je m’y connais bien en malade.)
Mon corps, rompu aux diverses techniques de combat les plus primaires, freina, et je ralentis ma cadence infernale.
Une benne pleine de questions vint alors se déverser dans la partie la plus fertile de mon cervelet.
Ce fut mal.
Que faisait-il LA ? Pourquoi en voiture si loin dans la forêt ? Pourquoi gesticulait-il de la sorte ? Pourquoi sa voiture semblait si chargée ? Qu'y avait-il dans son coffre ?
Allait-il enterrer une de ses victimes ? S’attendait-il a être surpris de si bonne heure ? Avais-je des sous-vêtements propres ?
Tant de questions, oui, tant de questions.
Auxquelles je répondrai plus tard…
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Jeudi 21 décembre 2006
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00:27
« 1297, 1298, 1299, 1300 ! C’est pas possible ! C’EST PAS POSSIBLE ! 1,2,3, (…), 1299, 1300. Oh shit, c’est bien ça ! » poussais-je en soufflant. (je pousse souvent en soufflant, d'où mon nom Pascal)
Deux secondes plus tard, j’ôtai mon œil rougi par un décompte intense au microscope, puis je jettai mon corps dépité sur l’immense canapé décati qui sied dans le labo.
J’eu soudainement très peur.
Voyez-vous (enfin vous ne voyez pas encore très bien car je commence juste ce récit, mais tout à l’heure vous allez voir super bien ; fin de la parenthèse).
Donc voyez-vous, je suis l’heureux propriétaire d’une Lancia Delta Turbo Diesel d’un téléphone portable – et oui personne n’est parfait. Ok, en cas d’urgence, ce dernier est bien pratique. Tenez l’autre jour, je m’étais enfin échappé du centre, et alors que je ramassais de petites brindilles pour ma crèche, je me suis pris le pied dans un piège à loup. Ben là, je fus content de disposer de cet appareil pour appeler les secours (ils ne sont arrivés que 72h plus tard car je leur avais dit que j’étais « là ! »)
Bref, je me suis un peu écarté, là, non ?
Alors, mon portable…
J’en ai un, bon d’accord.
Vous aussi.
Super ! (Je suis trop sarcaustique ce soir!)
Maintenant, il se trouve que je lis aussi beaucoup de magazines tels que : Paris-Match, Voici, Toi Vedettes que J’M, etc.
Et bien figurez-vous qu’il paraîtrait que les téléphones portables donneraient de la tumeur dans le crâne.
Brrrr !
Alors, vous vous dites que 1300, c’est mon nombre de neurones.
Détrompez-vous, car mon téléphone est plus souvent dans ma poche avant de mon Jean, que collé à mon pavillon.
Pour vous êtes lamentablement trompés, je vous inflige la punition suivante: deux jours sans venir sur ce blog...Ok, 48h, et on en reste là!
Sinon, les plus perspicaces d’entre vous auront compris qu’il s’agit effectivement de la quantité de spermatozoïde (les miens) dont je vous parlais au début de ce billet (Do I have to explain EVERYTHING?) En effet, leur nombre semblerait avoir été divisé par deux depuis le dernier comptage du mois de juin.
Comme à chaque fois, je m’étais réfugié dans la chaufferie du foyer avec le catalogue Spécial Noël de Monsieur Bricolage, et je m’étais « onaniser » avec l’encart « Carrelages et Fenêtres. » Il n’avait pas fallu très longtemps pour que les deux bassines soient remplies. J’étais ensuite remonté vers le labo, non sans avoir déposé les excédents de semences dans les distributeurs de savon et de shampooing.
Bref, ça me fiche les boules (je sais c’est la saison) de savoir que mon taux est faible. Il faut que je fasse gaffe désormais, car il serait dommage que le Viagra qu’ils nous donnent au centre me fasse tirer à blanc.
Saleté de technologie.
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Mercredi 20 décembre 2006
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00:14
J’ai toujours eu un rapport bien particulier avec le temps.
Certains d’entre vous y verrez une névrose (une parmi les autres), d’autre une déformation spatio-temporelle, moi je dirais simplement une plaisante obsession dans tout ce qu’il y a d’obsédant dans l’obsession.
Tout petit (et chevelu) déjà, le temps m’obsédait.
L’ombre de mon mobile qui glisse sur le plafond durant les journées ensoleillées, me hante encore. Je me souviens même d’avoir inscrit avec mes ongles « Tempus Fugit » sur le matelas, c’est pour vous dire !
Plus tard, ce sont les barreaux de mon berceau qui formèrent un cadran solaire terrifiant (il y avait trop de barreaux) de ma condition de nourrisson. J’en arrivai même à développer un emploi du temps mental de ma journée : biberons, sorties poussette, ablutions, mikado, échec, sorties, nuits, tout y passa. Une horreur? Non un plaisir.
Tic, tac, tic, tac...
À 7 ans, grâce au manuel des Castors Junior je montai ma première clepsydre avec une panse de chat, puis vint l’heure (c’est le cas de le dire) où de passage dans la cuisine, pour ma bolée de cidre quotidienne, je découvris le sablier, « El sabliereo. »
Le sablier me fascina alors, et rapidement je vendis dans la cour de récréation mes billes en terre et les photos porno de la maîtresse pour m’acheter MON sablier à moi.
Là, ce fut l’orgie, « El Orgio ».
Tout fut mesuré en durée…Tout fut minuté…Tout fut évalué.
Le TOC du Tic-tac clique dans ma tête avec tact sans cesse sans sens six fois, cent fois.
Tic, tac, tic, tac !
Ainsi, il me fallait
- Deux minutes pour me rendre de la classe 102 à l’infirmerie pour prendre mes médicaments, « mi medicamentos. »
- Sept minutes pour me rendre en courrant du terrain de Jokari jusqu’aux vestiaires...
En revanche, c’est de 16 heures dont j’avais besoin pour devenir bleu dans mon bain.
Tic, tac, tic, tac...
À l’age de 10 ans, le bris de mon sablier fétiche me perturba tant, que je restai 5 mois 8 jours 12 heures et 27 secondes, prostré devant la comtoise familiale.
Je sentais que je dérapais…
Ma vie balançait entre les aiguilles de ma montre et les cristaux de ma montre à quartz.
Mon père eut beau me proposer de m’emmener voir des combats de catch de femmes nues…Rien n’arriva à m’arracher au temps, « el tiempo. »
C’est à 17 ans que la délivrance arriva lorsque je me vis offrir un splendide chronomètre « moulti founctionnes » alors que je commençai l’athlétisme.
Tout sembla reprendre une place normale…
- 4 minutes pour s’habiller, prendre son petit-déjeuner, se brosser les dents, se coiffer (oui, j’avais encore des cheveux), mettre du maquillage, enfiler ses bottes en caoutchouc, et partir à l’usine.
Le chrono devint mon meilleur ami, « my best friend. »
« 5, 4, 3, 2, 1, Driiiiiing ! » comme ils m’appelaient au lycée.
Le chrono m’obséda de plus en plus, les secondes, les minutes devinrent les instruments de ma performance, et quand il se bloqua à 50 secondes pour un misérable tour de piste, j’analysai en long et large la raison de cet échec ?
Je fis ma première et dernière crise temporelle…Une grosse crise même.
Celle qui m’a envoyé de-là-où-je-vous-écrit-maintenant.
Allez, je file, car dans 12 minutes, il y a le surveillant du soir qui passe vérifier si j’ai terminé mes mots fléchés...Et puis, je ne voudrais pas abuser de votre temps...
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Mardi 21 novembre 2006
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00:41
Un week-end, j’étais en train d’éplucher des cerneaux de noix avec ma génitrice pour les colliers que nous comptons offrir aux « Amis des Ecoles » pour le Noël, quand soudainement, cette dernière me saisit le bras droit (le valide), m’immobilisa celui-ci dans le dos en une clef douloureuse, et planta un couteau sous ma gorge, avant d’ajouter :
« Pourquoi les gens font-ils des blogs ? Qui te lit ? Pourquoi ? POURQUOI ? POOOOUR-QUOOOOI ! PARLE FILS INDIGNE ! »
Entre deux « Aaaaaargh ! » et un prout, je lui intimai de relâcher sa prise et de faire tomber la lame sur le plancher, avant d’ajouter les yeux humides:
« Mais mère, chais pô moa… »
« BON, va ranger ta chambre, va faire ton lit, inspection dans 40 minutes. Une, deux, une, deux, une, deux… »
Elle est comme ça ma mère, sous l’apparence d’une tourterelle anémiée, c’est une féroce.
Bref, si mon lit fût fait « au carré » en 20 minutes, ma chambre aspirée, lessivée, dépoussiérée, astiquée, le capitonnage rembourré avec de la laine de chanvre, depuis, je n’arrête pas d’y penser à ces questions…
L’excellent article de lui sorti ce week-end (purée tu vas me le payer cher d’avoir piqué mon article, je l’avais écrit avant toi !) , n’a fait qu’apporter du kérosène sur le bûcher de mes angoisses.
« Pourquoi ? »
« Qui ? »
Je n’avais pas besoin de ça pour ne pas dormir, mais j’avoue que ça me turlupine quand même un peu - c’est à dire plus des 20 secondes réglementaires. Bon, maintenant, vous, co-bloggeurs, n’allez pas me dire que vous ne vous êtes jamais posés ces questions, hein ? Et puis, je sais où vous habitez, et vous n’êtes pas à l’abri de ma visite nocturne en tenue de Jokari...
Je traîne quotidiennement sur 7 - 8 blogs sur lesquels je laisse un commentaire qui ME fait rire.
Je me questionne. Je m’interroge. Je m’osculte.
« Mais pourquoi ils bloggent eux ? » raisonne dans mon crâne depuis que ma mère m’a, enfin vous savez…
La réponse, je l’ai trouvée à la page 16 du « Guide des Mammifères Marins du Canada » et elle m’a pleinement satisfaite :
« A la période amoureuse le Beluga peut (…) Parce qu’ils aiment ça ! (…) et l’homme en a besoin au moins une fois par jour (…)»
Je ne sais pas vous, mais moi cela me convient bien comme réponse.
Continuons sur le deuxième élément qui sembla perturber ma reum.
Qui me lit ? Que dire des lecteurs de l’ombre ? Ceux qui se tapissent derrière leur écran et qui viennent s’abreuver de ma folie quotidienne, qui sont-ils ? que mangent-ils ? Sont-ils aussi beaux que dans mes rêves les plus fous - et mes rêves, vous savez que…
Alors qui êtes-vous, vous ? Oui, vous qui venez ici, qui me lisez. Parce que ma mère, elle veut savoir. C’est pas moi, hein ? C’est ma mère…Et ma mère, ben, elle ressemble à une petite tourterelle, mais à l’intérieur…
Bon vous voilà prévenus.
Il y a des jours où je voudrais bien le garder privé ce petit coin à moi où je peux dire *prout* quand j’ai envie. Certains ont mis en place un système de cotisation EXTREMEMENT ONEREUX A CE PROPOS, mais moi je ne veux pas de ça, je suis bon, généreux, et cet espace, qui est le mien, je le veux gratuit.
Alors ce soir, j’irai vois ma mère et je lui dirais :
« Maman j’ai ramassé les châtaignes dans le jardin, et au fait tu voulais savoir pour les gens bloggent, non ? et puis tu voulais savoir qui me lit mes écrits ? Ben va voir, j’ai écrit un article pour toi. »
Je crois qu’elle ne va plus venir me voir au centre ma mère…
C’était la pensée de le soir à jeun et sans cachets !
*Prout *
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Lundi 16 octobre 2006
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00:19
Cerus n’en pouvait plus.
Il se suçait les doigts nerveusement, et rongeait ses ongles jusqu’à ne laisser apparaître qu’un petit bout de corne hideux.
Ces dernières semaines, on disait qu’il avait beaucoup changé physiquement. Il avait fondu, ses traits étaient tirés, et les quelques poils filandreux, qu’il appelait « cheveux », avaient disparus de son crâne aussi lisse qu’une sucette.
Pourtant durant ses monotones journées au bureau, Cerus apparaissait normal. Il souriait à ses insipides collègues, il parlait à la serveuse de la cafétéria, il répondait quand on lui posait une question, il faisait un effort pour supporter les truismes de son entourage, bref il vivait.
Néanmoins, en son for intérieur il se sentait déprimé un peu plus chaque jour gardant à l’intérieur son mal être, ses peurs, son angoisse de ne pas être compris, de ne pas intéresser.
Vendredi dernier, son supérieur, Monsieur Le Marak, lui avait annoncé, avec son ton mielleux à faire vomir, qu’il ne pouvait pas accepter sa promotion.
« Maaaaais, tu ne peux pas comprendre Cerus, ce n’est pas facile en ce moment dans la boîte. »
« Oui, mais, vous aviez dit que… »
Ainsi, il avait quitté le petit bureau sans rien ajouter en regardant simplement ses mocassins surannés avec leur deux petits clochetons de cuir.
Or, ce qui le faisait souffrir le plus Cerus, c’était les dernières paroles de la délicieuse Candy, sa petite amie. Enfin son ex petite amie car la veille elle lui avait annoncé que c’était terminé entre eux.
Chaque mercredi, elle allait à la piscine, et là-bas, elle avait rencontré « l’homme de sa vie » en la personne d’un magnifique bellâtre responsable du nettoyage des filtres du grand bassin.
Un artiste.
Ce brave homme collectionnait secrètement le résultat de ses trouvailles quotidiennes. Il quittait son lieu de travail avait de petits sacs de poils et cheveux humides. Une fois chez lui, il créait des abats jours qu’il vendait sur Internet.
Elle lui avait jeté au visage un : « Tu ne peux pas comprendre Cerus, il n’est certainement pas aussi doux que toi, mais j’en ai franchement assez de tes sentiments à la guimauve. C’est un artiste en plus ! Et toi…Et toi…»
« Mais Candy, tu sais que je t’aime… »
Et elle était partie, comme ça, sur un haussement d’épaule, sans même le regarder.
C’était fini.
Pourtant au début de leur relation, Candy et Cerus s’étaient entendus à merveille. Il l’avait gâté et pourri ce premier et unique amour comme seul Cerus savait le faire. Fleurs multicolores, sucreries diverses, etc.
Il était ainsi Cerus, un bon gars, un gars « craquant » comme elle le disait souvent Candy.
Craquant, à croquer, cela n’avait apparemment pas été suffisant.
C’était fini.
Il était là, assis, dans la pénombre de son immense appartement à ingurgiter des M&M’s.
Il devait quitter ce monde sans saveur, sans goût, édulcoré.
À 23h47, Cerus, l’homme en sucre se jeta nu dans la piscine municipale de Mourtes les Oliviers.
Et, il fondit doucement, doucement, doucement, avec un immense plaisir, à jamais.
18h, le lendemain, Eirak, le nouvel ami de Candy rapportait sa plus belle pelote de poils.
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6
Samedi 7 octobre 2006
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00:55
Confortablement installé dans son fauteuil de faux cuir, éclairé simplement d’une vieille lampe hérité de son aïeul décédé 40 ans auparavant, il fermait les yeux. La mélodie du « Vienna Concert » de Keith Jarrett le berçait, l’entraînait ailleurs, loin. Il avait passé huit heures à pianoter, à tapoter sur son clavier d’ordinateur, huit heures collés sur un siège bien mou, avec comme seule interruption le passage à 9h17 de Madame Ledos.
« Bonjour Monsieur Hirundo, voici vos dossiers du jour. Bonne journée ! »
Alors, ainsi assis, il s’abreuvait de ces envolées sublimes de ce génie aux mains d’or ; il se reposait.
Lentement il prit son crayon de papier, griffonna machinalement deux lettres sur le bord de la grille et les gomma aussitôt. Il se sentait prêt.
Il attaqua sa grille de mots croisés.
Tandis que les définitions sibyllines sortaient de l’ombre doucement, Monsieur Hirundo tapotait avec son majeur sur l’accoudoir.
III horizontal : E-R-E-U-T-O-P-H-O-B-I-E
Facile.
Son doigt reprit de plus belle son petit tapotement au rythme de la musique.
Tap, tap, tap, tap, tap, tap…
Monsieur Hirundo était dans sa grille. Absorbé.
F vertical, E-M-E-T-I-Q-U-E
Facile.
Tap, tap, tap, tap, tap…
Son doigt s’arrêta un instant avant de reprendre mécaniquement. Or cette fois-ci, Monsieur Hirundo dû faire un effort pour arrêter ce tic.
Son doigt ne s’arrêta point.
Tap, tap, tap, tap, tap…
Ses phalanges semblaient avoir déclarer leur indépendance, leur autonomie. Fallait-il mettre à l’index, ce majeur ? Lui dire « pouce » ?
Tap, tap, tap, tap, tap…
Monsieur Hirundo devint inquiet, puis posa nerveusement son crayon sur ses genoux. Il plaqua violement son majeur, qui avait à cet instant même avait décidé de montrer son mécontentement en se dressant magistralement ; Seul au milieu des autres. Il ne resta pas longtemps dressé. Majeure déception pour Monsieur Hirundo car loin de déclarer forfait, le doigt rebelle réussi à rallier l’auriculaire et l’annulaire dans sa mélopée frénétique. Un temps timide et repliés sur eux-mêmes, l’index et le pouce se joignirent au trio indocile en frappant la pauvre cuisse de Monsieur Hirundo.
TAP, TAP, TAP, TAP…
Oui, pauvre Monsieur Hirundo. Il tenta en vain de reprendre contrôle de sa main droite, mais cela resta au stade la pensée, et il ne vit point le poing qui vint le frapper brutalement au visage.
Les minutes qui suivirent furent irréelles.
Droite contre gauche. Gauche contre droite.
Bataille d’hémisphères cérébraux à deux mains qui perdura jusqu’au lendemain.
La lame de 18 cm coupa la ligne de vie de la main droite, et planta sur le plan de travail cette main autonome.
Keith jarrett s’était tue depuis longtemps.
22h. Hôpital Militari. Chambre 119. Monsieur Hirundo dort d’un sommeil profond. Ses traits sont tirés, et sa main droite est enveloppée de gaze médicale. On distingue simplement la première phalange du pouce. La musique de l’électrocardiogramme résonne lugubrement dans la chambre.
Bip, bip, bip, bip…
22h04. Sous le drap, l’index gauche reprend en cadence.
Bip, tap, bip, tap, bip, tap.
22h05, Monsieur Hirundo a tout juste le temps d’ouvrir ses yeux qu’une poigne d’acier le saisit à la gorge.
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7
Jeudi 5 octobre 2006
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00:03
Plic, ploc, plic, ploc…
La pluie, il l’attendait. Ils l’attendaient tous en fait. Cela faisait si longtemps que les gouttes n’avaient pas glissées sur leurs joues rebondies.
L’été avait été trop chaud, trop sec, et trop long pour les cultures, trop long pour tout le monde.
Cependant, c’était sa maison qui avait le plus souffert. Enfin, sa maison, toutes les maisons du village plus précisément. La chaleur les avait craquelées, fissurées, et presque transformées complètement pour certaines d’entre elles.
Pourtant Ernestin se sentait si bien dans sa petite demeure que pour une fois il avait espéré y rester plus longtemps que les autres années. La pluie avait fait défaut certes, néanmoins il gardait espoir. L’état général de sa petite bâtisse s’était détérioré, et la toiture avait perdu de petits morceaux ici et là, mais elle était encore agréable.
« Pour combien de temps ? » pensa-t-il « Pour combien de temps encore ? »
Et puis ce matin, il avait dû rentrer plus vite que prévu à sa maisonnette.
Ce n’était pas vrai, pas encore, pas si tôt, pas tout de suite. La pluie les attirait eux aussi.
Il n’avait rien eu le temps de préparer cette fois-ci.
« Saperlipopette ! » grommela-t-il dans sa barbe.
Ce fut de petites vibrations qui l’alertèrent de l’imminence du bouleversement qu’il avait vécu l’an passé, à la même époque. Des vibrations aux tremblements, il n’y eu qu’un pas.
Un pas, oui un pas, un pas suivi d’autres pas, annonciateurs du grand chambardement.
L’objet métallique apparu dans le ciel, sectionna la base de sa maison alors qu’il s’échappait par la petite porte qu’il avait aménagé quelques mois plutôt. Puis, il regarda sa maison disparaître dans le panier du géant.
Ernestin, le petit lutin du pré, venait de perdre sa maison.
C’était décidé, il allait déménager lui et les autres lutins du pré.
Il avait entendu que la Forêt des Châtaigniers avait des places de libres…
On verrait bien.
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9
Vendredi 22 septembre 2006
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/2006
09:22
Il était une fois trois petits cochons qui vivaient avec leur reum dans une cité un peu naze.
Un jour, Leur reum hurla après ses trois fils et leur cria qu'elle ne pouvait plus les élever parce qu'elle était trop pauvre - et que la redevance télé et l’abonnement au câble coûtaient une fortune.
"Je voudrais que vous partiez d'ici et construisiez votre pavillon," dit-elle, "mais prenez garde qu'il soit bien solide, car aujourd’hui c’est pas tip top camembert c’qu’ils nous font. Enfin c’est surtout pour que le grand méchant loup ne puisse entrer et vous manger en pizza."
La maman embrassa ses trois petits lardons cochons, et leur dit au revoir les larmes aux yeux. Snif, snif !
Ils s'en allèrent de chez eux construire leurs pavillons.
Le premier petit cochon rencontra un homme portant une botte de shit.
"Toi, l’homme, yo, j’peux avoir un peu de shit pour construire mon pavillon, allez ça s’rait trop de la balle ?" demanda le petit cochon.
Et l'homme lui donna du shit.
Le second petit cochon avait rencontré un homme qui portait un chargement de seringues.
"Hey ? Hey ? Hey ? Oui, oui, toi là, je peux, hein ? je peux pas avoir quelques seringues pour construire mon pavillon, j’fais un truc recyclé, tu vois le trip?" demanda le petit cochon.
Et l'homme lui donna ses seringues.
Le troisième petit cochon, lui avait rencontré un homme chargé de pain de coke.
"Siouplait, M’sieur, demanda le troisième petit cochon, puis-je avoir quelque briques pour construire ma maison?"
L'homme lui donna assez de pains de coke pour bâtir un grand et solide pavillon avec une cheminée près de laquelle on pouvait s'asseoir, fumer, triper en soirée.
Les trois petits cochons rentraient joyeusement chez eux quand le loup les aperçut.
« Oh fuck ! » crièrent-ils à moitié dans la zone les petits cochons.
« Comme ils doivent être tendres! Lequel vais-je manger en premier. Je vais commencer par le petit cochon dans la maison de shit! » dit le loup alors qu’il enfilait ses « baskets à la mode »
Il frappa à la porte.
« P’tit cochon, gentil p’tit cochon, je peux entrer? »
« Non, Non! Par le poil de mon cul menton ! »
« Alors, je vais souffler et ta maison s'envolera! »
« Ouais, c’est ça, et je m’appelle Michel Sardou pendant que tu y es » dit ironiquement le p’tit cochon.
Le loup gonfla ses joues, souffla, souffla de toutes ses forces, et la maison de shit s'envola. Le loup se roula un tarpé de ouf qu’il fuma alors qu’il suivait ce présomptueux petit porc.
« Au secours! » cria le premier petit cochon en courant comme un con, vers la maison de seringues de son frère.
À peine celui-ci eut-il refermé la porte que le loup frappa.
« P’tits cochons, gentils p’tits cochons, je peux entrer? »
« Non, non! Par le poil de nos culs mentons! » répondirent les deux frères de sang.
Alors,je vais souffler, souffler, et votre maison s'envolera!
« Bla, bla, bla, bla… Tu viens de me le sortir y’a deux minutes ton laïus, alors laisse tomber l’affaire. En plus, tu es blindé comme un coffre avec la dope que tu viens de prendre. » Dirent en commun les deux petits cochons
Le loup se gonfla les joues, souffla, souffla de toutes ses forces, et la maison de bois s'envola.
« Au secours! » crièrent les deux petits cochons en courant aussi vite que possible vers la maison de pains de coke de leur frère.
« Ici, vous ne risquez rien! La coke y’a rien que ça, et avec la thune que je me fais, j’ai installer une alarme. Allez, on va aller dans le studio mixer des sons» leur dit-il.
Bientôt, la voix du loup résonna. « P’tits cochons, gentils p’tits cochons, je peux entrer? Car vous commencez à me les brouter grave, là ! »
« Non! non! Par le poil de nos culs mentons! »
« Alors, vous allez voir, » hurla le loup, « je vais souffler sur votre maison, et je vais la démolir! »
Il prit alors sa plus profonde respiration et souffla comme un ouf. Mais cette fois-ci, il ne réussit pas à mettre le pavillon par terre. Il se cogna la tête contre les murs et se blessa – Les effets de la drogue sûrement !
Puis il s'enfuit dans la forêt, hurlant de douleur.
« Shit, mega shit, de mofo de cochon de sa race ! »
Cela rendit le loup fou furieux.
Il était si furieux qu'il en devint tout bleu.
« Il faut absolument que j'attrape ces bâtards cochons » se disait -t-il.
Quelques jours plus tard, les petits cochons virent le loup arriver avec une grande échelle qu’il avait loué à Mr Bricolage.
« J'aurais dû y penser plus tôt, mais le shit de l’aut’ m’avait envoyé dans un mauvais trip ! » dit-il en l'appuyant contre le mur de la maison pour atteindre la cheminée.
Pendant ce temps, le troisième petit cochon, qui était très rusé, alluma un grand feu dans la cheminée et y posa une casserole remplie d'eau.
Quand le loup descendit dans la cheminée, il tomba tout droit dedans.
« Quel abruti ! » dit le troisième petit cochon "Il aurait du lire le livre"
Il poussa un hurlement qu'on entendit à des kilomètres à la ronde et repartit comme il était venu, par la cheminée.
On n'entendit plus jamais parler de lui.
Et depuis, il paraît qu’il est à côté de moi dans la chambre 14 au fond du couloir.
Par IP
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Vendredi 15 septembre 2006
5
15
/09
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/2006
00:13
Mon Dieu que je suis bien. Il fait doux, et il n’y a pas un bruit.
Si, peut-être un.
Juste le son d’un rouge-gorge, quelque part, accompagne le bruissement du vent dans les hautes herbes. Marée de graminées.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas dormi comme cela.
Je suis si bien.
Mon corps se repose, me semble-t-il, sur un tapis de mousse.
ENFIN !
Non, non !
Mon corps semble enveloppé dans un cocon de velours. C’est doux en tout cas !
Mon Dieu que je suis bien.
Je ne sais pas trop où je suis, et pourquoi je suis là. Est-ce important ?
Tiens, je me souviens du goût métallique du sang dans ma bouche, puis plus rien. Jusqu’à ce moment.
Assis au pied d’un immense chêne, je regarde l’horizon, où bien est-ce autre chose ?
Non, non ! Il n’y a rien, hormis de l’herbe. De l’herbe grasse et légèrement humide comme au premier jour du printemps.
Est-ce important?
Ne rien faire, quelle joie ! Moi qui avais l’habitude de courir sans cesse partout, prend, de ce fait, plaisir à simplement regarder l’horizon.
J'attends.
J'attends quoi au fait? Est-ce important?
Finalement, au loin une forme humaine apparaît, néanmoins le vigueur du soleil, désormais bien haut dans le ciel, m’empêche de distinguer vraiment bien cette personne.
Est-ce que je la connais?
Elle avance lentement en tout cas. Elle avance très lentement, trop lentement à mon goût.
Pourquoi ?
Est-ce important ?
Ah ! Elle s’approche enfin, et elle grandit. C’est un homme.
Je me mets debout; j' étire mes jambes qui semblent si lourdes.
Je fais un pas. Quel effort pour ce pas !
Et la douleur qui revient aussitôt. Ma respiration est aussitôt difficile.
Il fait chaud maintenant.
Une fois près de moi, ce visiteur inconnu me regarde de ses yeux clairs, si clairs, que son « Dommage » m’inquiète un peu.
Un « Quoi, dommage ? » sort de ma bouche sèche.
Est-ce important?
Il pause un instant tout en me fixant, puis fait demi-tour pour repartir dans l'herbe.
Etait-ce un sourire ? Etait-ce important ?
J’ai beau tenter de le suivre, mes jambes sont trop lourdes pour faire quoi que se soit. Moi, le coureur, me voici cantonné au rôle de pilier. Est-ce important ?
Et la chaleur toujours présente. La lourdeur de tout…Que j’ai du mal à respirer.
Les douleurs reprennent, plus violentes. Je sue comme un fou maintenant.
Et je me réveille.
Ouf ! Mauvais rêve...
Je me souviens.
La course…
L’éclair dans la poitrine…
La chute…
Le visage qui frappe violement le sol…
Le sang qui touche ma langue…
Les bruits. Des bruits. Un rouge-gorge ? Est-ce important ?
Les rêves. Les rêves. Les centaines de rêves.
J’ouvre les yeux, mais je ne vois rien.
Je n’entends rien non plus.
Il fait trop chaud, et la sueur perle sur mon front.
Que cet espace est petit.
Trop vite je comprends.
Je suis dans mon cercueil, vivant.
« Dommage ».
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